Archive for the ‘ Événements ’ Category

Une ballade parisienne

Après les 2 CV mythiques qui circulent dans Paris depuis quelques temps pour faire visiter la capitale aux touristes, ce dimanche 30 mai, les parisiens ont pu apercevoir une vingtaine de jeeps. Et oui l’association Miljeep a organisé dimanche dans la matinée une promenade dans les rues de la plus belle ville du Monde au volant d’un véhicule qui lui est propre: la Jeep !!

Par Tayp’

Un rendez-vous matinal était donné à tous les passionnés de jeeps dimanche 30 mai sur l’avenue Mendès France, près d’Austrelitz à Paris. Ce sont près de vingt-cinq véhicules qui se sont regroupés à 8h15 du matin sous un ciel mitigé. Des jeeps bien entendus, mais uniquement de collection; c’est à dire des Willys, des Ford, des Mutts ou encore des Hotchkiss !! La philosophie de la promenade était bien une promenade, cela sous entend qu’aucune tenue ou arme n’avait sa place dans le convoi.

Les jeeps réunies avenue Mendès France

8h30, début des hostilités. Les organisateurs distribuent les « Roadbooks » aux différents conducteurs et attribuent un numéro pour deux jeeps. En effet le rassemblement n’ayant rien d’officiel, la promenade se fera par deux voitures, lâchées successivement à trois minutes d’intervalles. Les consignes de sécurité et les informations générales données, les voitures ayant reçu le numéro 1 se mettent en place. Ainsi de suite les groupes partent à l’aventure, pendant ce temps les retardataires arrivent et reçoivent les informations pour la promenade. Notre tour arrive; ayant tiré le numéro 7, notre jeep « La Curieuse » s’avance sur la ligne de départ!! Pilote: Eric; Co-pilote: Nicolas. Dans la seconde jeep de notre groupe se trouve notre ami Philippe. Et nous voilà partie pour plus de trois heures de ballades. Après avoir fait quelques tours sur la rive droite, on se rabat sur la rive gauche et de nouveau on traverse la Seine pour arriver sur la rive droite.

"La Curieuse"

Rapidement les trois minutes d’intervalles mises avec soin par les organisateurs entre les groupes sont oubliées. Une fois on rattrape ceux de devant, ensuite ceux de derrière nous rattrapent et ainsi de suite. Nous allons nous retrouver à neufs jeeps garées place Saint Sulpice pour boire un petit café. Un tantinet respectueux des consignes données nous repartons en différés de la place, normalement très jolie, mais en ce moment en travaux … Sur le parcours était prévu des moments où la jeep doit se vider de ses passages. Le conducteur a quelques rues à emprunter, avant de retrouver ses compagnons de routes qui doivent prendre un passage accessible qu’aux piétons. Ce fonctionnement sera prévu trois fois le long du parcours permettant aux passages de se dégourdir les pattes et de voir de jolies passages, places ou ruelles…

Les conducteurs attendant leurs passagers se promenant sur la place du Palais Royale

Parti depuis déjà deux heures, « La curieuse » arrive sur la célèbre place Vendôme accompagnée de la jeep de notre ami Philippe et quelques autres véhicules récupérés au hasard des derniers kilomètres. A notre surprise est organisé sur la place la présentation de voitures de sports pour un Rally, sans doute prestigieux vue la qualité des voitures. Nous revoilà 65 ans en arrière lors de la libération de Paris, un public nombreux autour des voitures… En une minute les photographes et les personnes venues voir les Porsche et autre Ferrari se retournent vers nous et nous volons la vedette. L’organisateur présent sur la place, regroupe les jeeps autour de la statue centrale. Et voilà une petite pause improvisée sur un des lieux des plus luxueux de Paris et surtout juste en face du ministère de la Justice … Nous qui craignons que la police disperse la manifestation … Enfin nous remarquons que nos bons vieux ânes à tout faire ,intéressent beaucoup des asiatiques très présents dans la capitale.

Les jeeps réunies place Vendôme.

Après ce petit regroupement fort sympathique, les couples de voitures sont relancés avec un léger intervalle pour éviter de rouler en convoi. La ballade se poursuit du Louvre à la Place de la Concorde à la remontée des Champs Elysée à l’Ecole Militaire où se trouve le point d’arrivée. Les vingt-cinq jeeps sont réunies et bien alignées au fur et à mesure des arrivées. Pour discuter de la ballade, des moments forts de chacun et bien entendu discuter de nos pépères préférés, rien de tel qu’un 3-C: Casse-Croute Capot !!! Avant que les premiers ne partent on fait une photo de groupe.

Photo de groupe devant l'Ecole Militaire

Voilà que la matinée s’achève et chacun repart dans son coin après une dernière poignée de main en se promettant de remettre ça l’an prochain. Mais cette fois-ci un thème sera choisi pour la ballade: peut être « La 2ème DB dans Paris en août 44 » … A voir !! En tout cas on compte sur vous !!

Merci aux participants et organisateurs pour ce bon moment !!

Plus d’informations:

=> groupe organisateur: www.miljeep.com

Publicités

Hommage à trois aviateurs de la RAF

Je suis resté silencieux pendant quelques temps car je travaillais sur un projet qui me tenait particulièrement à coeur. Celui-ci s’est achevé fort positivement le 22 mai dernier. De retour parmis vous, je vous propose un petit reportage qui résume ce que j’ai fait pendant ces derniers mois.

Par Hellfire62

En fait pendant presque 18 mois, J’ai travaillé sur l’historique d’un Blenheim MK IV abattu par la Flak allemande et tombé sur le territoire d’Haucourt, le 22 mai 1940. C’était en pleine bataille d’Arras et les trois membres d’équipage reposent depuis juillet 1942 dans le cimetière du village. La municipalité souhaitait se mettre en quatre pour le 70ème anniversaire. Aussi j’ai proposé mon aide pour les recherches et la mise en place d’une exposition ayant pour sujet mai-juin 1940, la bataille d’Arras et l’histoire de cet équipage. Il y a eu de longs mois de travail mais au final l’opiniâtreté du maire, Mr Dubus, des membres du conseil municipal et l’engouement de la population de ce petit village de 240 habitants ont permis d’aboutir. Nous avons retracé le parcours de l’équipage du Blenheim L9184 du Squadron 57. Nous sommes parvenus également à retrouver des descendants du Pilot Officer Roi Leonard Saunders, du Sergeant Samuel Frank Simmons et de l’Aircraftman 1st class George Ross Pirie.

L'hommage au cimetière communal d'Haucourt : de nombreuses personalités et militaires étaient présents.

A l’origine, les chances d’atteindre notre objectif étaient minces car l’avion était tombé en pleine période d’exode. Il n’y avait pas de témoins directs à Haucourt ayant assisté à la chute du bombardier. Pourtant certains habitants se rappelaient assez précisément l’endroit où le Blenheim était tombé. L’avion s’était écrasé à 12 km au Nord-est d’Arras, au lieu dit « l’Embuchate », sur le territoire d’Haucourt. Les aviateurs avaient été ensevelis par des soldats allemands sur le lieu même du crash. Entre mai 1940 et juillet 1942, une dame d’un village avoisinant avait entretenu la tombe collective et malgré l’interdiction formelle des autorités allemandes, nombreux étaient les villageois et les villageoises qui venaient fleurir le tombeau. Nous avons fini par retrouver quelques photos qui en témoignaient.

Le piquet d'honneur était assuré par les aviateurs de la BA 103 "Commandant Mouchotte" de Cambrai.

En juillet 1942, suite à un ordre de la Kommandantur, les corps furent exhumés et ensevelis en tant qu’inconnus dans le cimetière communal d’Haucourt. Après la guerre, l’unité de recherche et d’enquête numéro un de l’armée britannique a obtenu une autorisation et a procèdé à deux exhumations pour identification précise. Mais les trois corps ne seront formellement identifiés qu’en 1949. On aura même la surprise de découvrir les ossements du chien du pilote déposés à côté de celui-ci ! Depuis le CWGC a fait ériger trois pierres tombales et le temps a passé. La mémoire collective s’est étiolée, les rares témoins ont disparu, 70 ans ont failli avoir raison de l’histoire de trois héros anglais ordinaires…

Les familles et amis des 3 aviateurs disparus.

En mai 2008, l’équipe municipale du village change et j’ai le plaisir de constater que le nouveau maire est très empreint du devoir de mémoire. Il est de plus un passionné d’aviation. Nous organisons dan un premier temps pour le 11 novembre une exposition en souvenir des enfants d’Haucourt tombés au champ d’honneur pendant la Grande Guerre. C’est à cette période que nous commençons à nous intéresser de près à l’histoire du crash et que nous prenons la décision de marquer le coup pour le 70ème anniversaire, le 22 mai 2010. Je me suis alors proposé pour effectuer les recherches, conjointement avec la mairie.

Après l'hommage au cimetière, nos invités découvrent la stèle commémorative.

Pendant des mois, il a fallu consacrer des heures sur des sites historiques de la RAF en grande Bretagne, envoyer des dizaines de mails à des journaux locaux en Angleterre, joindre le musée de la RAF, contacter le CWGC pour retrouver cette histoire paisiblement endormie. Ces diverses actions nous ont permis de connaître des spécialistes de la guerre aérienne dans la région comme Hughes Chevalier, Jocelyn Lelercq ou encore Pierre Ben. Ceux-ci spontanément nous ont aidés et conseillés. Nous les remercions vivement. A l’été 2009, nous savions avec précision ce qu’il s’était passé. Nous avons alors décidé de placer la barre un peu plus haute en tentant de retrouver des descendants de chacun des trois aviateurs.

Instant symbolique et émouvant devant les caméras de FR3.

Nous avons fait choux blancs pendant de longs mois, se heurtant parfois à l’opposition de l’administration britannique. Les seuls éléments en notre possession étaient les adresses des familles (datant de 1949 !) et malheureusement plus d’actualité. Nous étions aussi certains que deux d’entre-eux avaient eu une descendance car les inscriptions commémoratives des familles en bas des stèles en attestaient. A L’été 2009, pour sortir de l’impasse je décide d’utiliser mon expérience de généalogiste pour tenter des recherches en Grande Bretagne. Là encore la mission s’est avérée difficile car les noms de nos trois aviateurs étaient assez courant outre-manche. Pourtant en août, je découvre un site de généalogie national dédié aux porteurs du patronyme « PIRIE » qui s’avère être un nom d’origine écossaise. Je décide alors d’y laisser en anglais un message retraçant l’histoire de l’avion et de son équipage et demandant de l’aide à ceux qui pourraient connaître une éventuelle descendance. Finalement en décembre 2009, je reçois avec surprise un mail de Doreen, cousine de la propre fille du mitrailleur Georges Pirie. Par un hasard incroyable, je découvre que l’épouse de Georges, Doris Anderson vient juste décéder le même jour ! Doreen me promet de parler de ma demande avec sa cousine Jacqueline Stewart, fille de George, qu’elle doit voir lors des obsèques quelques jours plus tard à Edinburgh.

La stèle est fleurie par la traditionnelle couronne de coquelicots britannique, déposée par Mr Miller représentant de la RAF au consulat britannique.

Nous avions identifié le premier maillon d’une chaîne et bientôt tout s’est accéléré. J’ai transmis tous mes éléments en mairie et Mr DUBUS a écrit à Jacqueline qui fut enchantée de notre projet et accepta d’être présente à la cérémonie. Elle avait également une adresse en Espagne du Frère du pilote, vétéran de la RAF lui aussi. Elle était aussi en contact depuis plus d’une dizaine d’années avec Norbert Greuet qui était un jeune habitant de Lihons en Santerre où se trouvait basé le Squadron 57 en 1940. Le contact établi avec Norbert fut sensationnel. Il était très ami avec le Sergeant Samuel Frank Simmons qui logeait à l’époque dans le village, et il avait fait ses recherches personnelles depuis des années. Il détenait également l’adresse du fils de l’observateur, fermier aux Orcades !

Nous n'avons pas reçu le moindre centime de subvention du département, de la région ou des collectivités locales pour la stèle. Une tombola avec deux baptêmes de l'air pour lot a permis de la financer. Les matériaux de support furent fournis par un artisan maçon du village et la mise en place de la pierre fut effectuée par des habitants de la commune. Qu'ils en soient ici remerciés.

La boucle était bouclée et les recherches terminées au début de 2010. Il restait maintenant à tout organiser : L’accueil des familles, une commémoration fixée au 22 mai, jour anniversaire du crash, l’érection d’une stèle à la mémoire de l’équipage et une exposition retraçant la sombre période de la bataille de France. Chacun s’est alors énormément investi et l’engouement était présent dans tout le village. L’exposition qu’on voulait simple et évocatrice put être montée par mes soins avec l’appui de la municipalité, le support d’Hughes chevalier et l’aide de Norbert, Jean Marie et Philippe pour le prêt de certaines pièces de collection.

Les descendants tenant le drapeau britannique.

Samedi 22 mai, la journée est un succès et le beau temps est au rendez-vous ! La cérémonie débute au cimetière sous un soleil radieux. Jacqueline Stewart, fille du mitrailleur Georges Pirie nous a fait l’honneur de sa présence avec son fils Lewis mais aussi Rebecca Saunders, la nièce du pilote accompagnée de ses enfants. Enfin, le fils de Samuel Frank Simmons pris par un travail énorme dans son exploitation avait demandé à Norbert de le représenter à Haucourt. Nous avions donc des représentants pour chaque membre de l’équipage du Blenheim L9184. La BA 103 de Cambrai avait fourni un piquet d’honneur. De nombreux cadres sans troupes réservistes au 6° RCS de Douai, Catherine Génisson, députée de la 2ème circonscription, Martial Stienne, conseiller général, Pierre Georget président d’Osartis et conseiller régional et de nombreux maires des communes voisines, des délégations d’anciens combattants, des gardes d’honneur du cimetière national de Notre Dame de Lorette nous avaient fait l’honneur de leur présence.

La petite exposition, dans la salle des fêtes a connu un franc succès.

Après un hommage au cimetière, un vibrant « aux morts » exécuté par l’harmonie d’Ecourt St Quentin, il y eut un moment d’émotion quand chacun entendit, entre les deux hymnes le bruit d’un petit avion à moteur qui fendait le ciel et le silence. Cet appareil, était piloté par Mr Maroille qui, fort gentiment avait proposé un passage au dessus de la commune. Enfin, juste à côté du monument aux morts du village, les descendants de l’équipage dévoilèrent la stèle commémorative. Après un émouvant « amazing grace » et « god bless » chanté magistralement par la nièce du maire, les invités assistèrent à l’inauguration de l’exposition lors d’un vin d’honneur.

Tableaux évocateurs chronologiques...

L’expo est restée ouverte du vendredi 21 au lundi 24 mai. Elle a permis d’accueillir l’école d’Haucourt, plusieurs centaines de personnes et certaines personnalités très marquantes comme André Coillot, ancien président du souvenir français et également écrivain pionnier de l’histoire de la région arrageoise durant la seconde guerre mondiale. André est l’auteur de 5 livres sur le sujet. J’ai été très touché et honoré de sa présence et de ses encouragements.

Matériels de la campagne de 1940...

Encore du matériel ...

Tableau souvenir de la dernière mission du Blenheim L9184...

Mannequins sur la scène...

Rien n'a manqué pour célébrer ce bel événement.

Lundi, nous avons eu la surprise de recevoir André Coilliot, président d'honneur du souvenir Français et écrivain passionné de la seconde guerre dans notre région.

Aujourd’hui les familles sont reparties vers l’Espagne et l’Angleterre. Jacqueline et Lewis avant leur départ nous avaient demandé si l’on pouvait passer par Roeux, à quelques kilomètres d’Haucourt, afin de déposer un bouquet de fleurs sur la tombe de leur grand oncle. Cet officier des Gordon Highlanders, repose depuis le 23 avril 1917 au Brown’s Copse Cemetery. Il est tombé devant Roeux durant la seconde bataille de la Scarpe. Derniers moments d’émotions, quelques larmes sur un quai de gare, Jacqueline et Lewis promettent de revenir. Notre hommage aux trois aviateurs et à leurs descendants a été apprécié et seul celà compte. Que de magnifiques souvenirs ! Mais tout bon moment a une fin et l’expo a été démontée avec un petit pincement au cœur, lundi dans la soirée.

Brown's Copse Cemetery, Roeux. Jacqueline dépose un bouquet sur la tombe de son grand oncle, le 2nd Lt William Francis Outram Anderson, du 4th Bn Gordon Highlanders (154th Brigade, 51st Highland Inf. Division), tombé à Roeux le 23/04/17.

Personnellement je voulais montrer qu’on pouvait faire mentir St Exupéry, autre aviateur et écrivain au destin tragique. Celui-ci avait dit :
-« Le soldat n’est pas un homme de violence ; il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes .Son métier est d’aller sans faille au bout de sa parole, tout en sachant qu’il est voué à l’oubli « .

Jacqueline et Lewis, fille et petit fils de George Ross Pirie avec Norbert Greuet, entourés par toute ma petite tribu...

Aujourd’hui, 70 ans après le drame, l’action conjointe de tout un village a permis de préserver de l’oubli Roi Leonard Saunders, Samuel Frank Simmons et George Ross Pirie.

A suivre …